L'info Palestine vue de Grenoble
1 Juin 2026
Samedi 30 mai 2026, dans le centre-ville de Grenoble, le collectif Palestine en Isère a organisé une marche silencieuse en soutien aux prisonniers palestiniens kidnappés et enfermés dans les geôles israéliennes.
Et pourquoi leur refuser à eux le statut d’otages, tant il est vrai que pour les Israéliens, tout Palestinien est un homme, une femme ou un enfant à enfermer ou à abattre, dans l’arbitraire le plus total ?
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On se rappelle qu’en janvier 2025, un rare titre sur France Info TV (1) a fait mention de « 200 otages palestiniens » retrouvant leur liberté. Scandale ! Il a suffi d’un coup de fil de la députée Caroline Yadan à la directrice de la communication de France Télévision pour que tout rentre dans l’ordre. Caroline Yadan, la même qui est à l'initiative du scandaleux projet de loi visant à bâillonner encore plus les voix qui s’élèvent pour défendre les droits des Palestiniens, en officialisant l'amalgame entre antisionisme et antisémitisme.
Vous l’aurez compris : un Palestinien kidnappé par Israël, sans inculpation ni procès, pour une durée (in)définie au bon vouloir du régime génocidaire, devient pour nos dirigeants et nos médias un simple « prisonnier ».
Plus de 9 000 hommes, femmes et 360 enfants palestiniens croupissent dans les geôles israéliennes (2) où ils sont torturés, violés, affamés, tabassés pendant des années – des faits documentés par les Nations Unies ou des ONG (3). L'ONG israélienne B'Tselem décrit le système pénitentiaire comme un "réseau de camps de tortures" (4).
Pourtant, ces faits d’une gravité extrême sont systématiquement passés sous silence par la clique politique et médiatique française au service d’Israël. Vous n'entendrez certainement jamais parler du Boucher de Tel Aviv. Depuis octobre 2023, au moins 87 Palestiniens sont morts sous la torture ou des mauvais traitements infligés dans les prisons israéliennes (5), parmi lesquels le chirurgien orthopédique Adnan Al Bursh (6) enfermé dans la prison d’Ofer ou encore Walid Ahmad qui n’avait que 17 ans (7).
Les nombreux témoignages des participants à la Flotille pour Gaza (8) qui racontent ces derniers jours ce qu’ils ont subi aux mains des Israéliens donnent une idée des tortures infligées aux Palestiniens, sur lesquels aucune caméra n'est braquée. Des tortures qui, bien souvent conduisent à la mort ou laissent des traces à vie, physiques et psychiques.
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Et comme si cela ne suffisait pas, le Parlement israélien a voté, le 30 mars dernier, une loi « sur la peine de mort pour les terroristes » (9), ciblant spécifiquement les Palestiniens et dont l’objectif est clair : donner à Israël carte blanche pour exécuter par pendaison des Palestiniens comme bon lui semble. Voilà qui méritait bien une bouteille de champagne débouchée par Itamar Ben Gvir, ministre de la sécurité nationale.
En somme, c’est l’apartheid jusqu’au bout de la corde ! L’Association pour les droits civiques en Israël (10) a immédiatement déposé un recours en urgence devant la Cour Suprême d’Israël. L’association déclare que cette loi enfreint les conventions internationales et que son « but ultime est la vengeance et le racisme plutôt qu’un besoin réel fondé sur des faits ou sur la sécurité ».
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Parmi tant d’autres, le sort du Dr Hussam Abu Safiya (11) suscite une immense inquiétude. Pédiatre et directeur de l’hôpital Kamal Adwan à Gaza, il a été kidnappé par Israël en décembre 2024 et enfermé dans la prison de Sde Teiman macabrement célèbre pour les tortures qui y sont pratiquées. Il est devenu le symbole de la lutte des soignants de la bande de Gaza pour venir en aide aux blessés sous les bombardements israéliens, y compris après la mort de son fils. Pour Israël, le Dr Hussam Abu Safiya est un combattant illégal. Sera-t-il sur la liste des exécutables ?
Quand on sait la facilité avec laquelle Israël accuse tout Palestinien de « terroriste », et que le taux de condamnation pour les Palestiniens par les tribunaux militaires israéliens est de plus de 99% (12), on saisit l’urgence de se mobiliser pour dénoncer cette loi et faire pression sur nos gouvernants pour imposer des sanctions à Israël, plus que jamais.
Nous devons exiger de l’Union européenne (UE) qu’elle rompe son accord d’association avec Israël, qui fait de l’Europe son premier partenaire commercial. Plus de 1 200 000 citoyens de l’UE ont déjà signé la pétition (13) réclamant la suspension de cet accord. Cette inaction de l’UE contrevient à ses propres traités qui stipulent que les accords internationaux doivent contribuer au respect des droits de l’homme et du droit international.
Avec le génocide à Gaza qui se poursuit et plus de 73 000 morts dont plus de 20 000 enfants depuis le 7 octobre 2023 – des chiffres sans doute bien en dessous de la réalité – ce droit international a été enterré. Et en l’absence de toute sanction, Israël étend maintenant son action génocidaire à la Cisjordanie et au Liban. Il est urgent de faire pression par tous les moyens possibles pour arrêter Israël et leur indéfectible soutien États-Uniens, dans leur folie meurtrière.
Sources
(1) https://www.acrimed.org/France-Info-et-les-otages-palestiniens
(2) https://addameer.ps/statistics
(3) https://www.un.org/unispal/document/torture-and-genocide-report-francesca-albanese-a-hrc-61-71/
Voir aussi L'enfer des prisons israéliennes sur Arte Info https://youtu.be/PHizfeozVws?si=6PLnXg8X5FOnq3j4
(4) https://www.btselem.org/publications/202408_welcome_to_hell
(9) https://news.un.org/fr/story/2026/03/1158642
https://www.ohchr.org/en/press-releases/2026/02/israel-un-experts-urge-withdrawal-death-penalty-bill
(10) https://www.english.acri.org.il/post/abolish-the-death-penalty-law
(12) https://www.amnesty.fr/actualites/israel-loi-peine-de-mort/
(13) https://citizens-initiative.europa.eu/initiatives/details/2025/000005_fr